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Une capture d'écran coupée à mi-page

Depuis la disparition de l'ancien « Explorer comme Google », en 2019, on vérifie le rendu d'une page avec l'outil d'inspection d'URL. On lance le test en direct, on ouvre la page testée, et l'onglet Capture d'écran montre ce que Google a affiché. Cette capture s'arrête pourtant à environ 1 750 pixels de haut. Sur une page catégorie, une fiche produit ou un long article, tout le bas de page reste invisible : le maillage de pied de page, les blocs chargés en JavaScript, les avis, la FAQ...

La page explorée, celle que Google a enregistrée lors de son dernier passage et qui sert à l'indexation, est encore moins bien lotie. Search Console en fournit le HTML, sans aucune capture. Pour savoir à quoi elle ressemblait, il fallait lire le code brut, ou le coller dans un fichier HTML et l'ouvrir dans son navigateur.

Des solutions de contournement peu fiables

Natzir lui-même avait publié en 2020 un notebook Google Colab qui simulait le rendu de Googlebot avec Puppeteer. Ce type d'outil, comme les crawlers qui exécutent le JavaScript, imite Google sans disposer de ses données. Il charge la page à sa façon, avec ses propres délais, et le résultat peut s'éloigner de ce que le moteur a réellement vu.

Un bookmarklet qui reconstruit la page à partir du HTML de Google

GSC Full Render reprend le HTML rendu que Search Console affiche déjà dans l'onglet HTML, sans recharger la page, et le reconstitue en entier dans l'onglet Capture d'écran. Il fonctionne aussi bien sur la page testée que sur la page explorée. Les images, les feuilles de style et les polices sont chargées par votre navigateur, sans les délais du test en direct.

Ce que Google n'a certainement pas pu charger reste absent, avec un contour orange à son emplacement : les ressources bloquées par le robots.txt, celles qui ont renvoyé une erreur HTTP (404, 5xx) et les images en lazy loading dont le script ne s'est jamais exécuté. Un compteur liste chaque ressource manquante avec sa raison.

Les ressources classées en « Autre erreur » sont chargées malgré tout, car Search Console n'en précise pas la cause et il s'agit souvent de la limite de temps du test. Natzir rappelle au passage que ces délais sont propres à l'outil de test, et qu'au moment de l'indexation, Google se montre bien plus patient.

Inspection d'URL de la Search Console : l'onglet Capture d'écran affiche la page entière reconstruite par le bookmarklet GSC Full Render
La page entière dans l'onglet Capture d'écran de l'inspection d'URL. Capture : Natzir Turrado, GSC Full Render.

La liste complète des liens de la page

Le bouton d'agrandissement affiche la page en grand, et le bouton Links y ajoute la liste de tous ses liens, que plusieurs filtres permettent d'affiner :

  • la destination, interne ou externe ;
  • l'attribut rel (follow, nofollow, ugc, sponsored) ;
  • l'explorabilité, avec la raison quand le lien n'est pas explorable (javascript:, href vide, onclick...) ;
  • l'état au chargement : visible, dans un carrousel, replié dans un menu ou un onglet, invisible ou masqué ;
  • les anomalies d'URL : paramètres, fragment, http, majuscules, caractères non ASCII, plus de 115 caractères, lien relatif sans barre oblique...

Un clic sur une ligne mène au lien sur la page, et la liste s'exporte en CSV, avec une colonne par critère. Natzir s'en sert surtout pour retrouver l'origine des URL étranges du rapport Pages : on inspecte les pages susceptibles de pointer vers elles, puis on repère le lien fautif et sa nature. En audit, l'outil permet aussi de vérifier qu'un lien figure bien dans le HTML rendu et qu'il est explorable. C'est le genre de fonction qu'on aurait aimé trouver dans la Search Console dès le départ.

GSC Full Render : la liste des liens de la page, avec ses filtres, et les liens encadrés sur la page
La liste des liens, filtrable et exportable en CSV. Les liens listés sont encadrés sur la page. Capture : Natzir Turrado, GSC Full Render.

Les limites de l'outil

Les scripts de la page ne s'exécutent pas, si bien qu'un contenu qui n'apparaît qu'au défilement peut rester caché. L'outil ne vérifie ni les codes HTTP ni les redirections des liens, car le navigateur ne peut pas lire les réponses des autres sites depuis Search Console. Les ressources étant chargées aujourd'hui par votre navigateur, le résultat peut différer si le serveur sert autre chose à Googlebot. Une police hébergée sans en-tête CORS peut enfin s'afficher dans une police de remplacement.

Comment installer GSC Full Render

Téléchargez le fichier install.html du dépôt GitHub de l'outil, ouvrez-le dans votre navigateur et glissez le bouton GSC Full Render dans votre barre de favoris. Dans l'inspection d'URL, ouvrez ensuite la page testée ou la page explorée, puis cliquez sur le favori. Un second clic désactive l'outil.

Un bookmarklet s'exécute avec votre session Search Console, d'où l'intérêt de savoir ce qu'il fait. Nous avons relu le code de la version publiée le 30 septembre : tout se passe dans le navigateur, aucune donnée n'est envoyée, et la page s'affiche dans un cadre isolé où ses propres scripts ne peuvent pas s'exécuter. Merci à Natzir pour ce partage !