Cloaking

Le cloaking (camouflage) consiste à présenter aux robots des moteurs de recherche un contenu différent de celui que voient les internautes, en détectant le visiteur par son user-agent ou son adresse IP. Google le classe parmi ses règles anti-spam : la sanction va du déclassement à la désindexation du site.

Qu'est ce que le "cloaking" ?

Le fonctionnement du cloaking repose sur la détection de l'IP ou de l'en-tête HTTP du visiteur. Si le visiteur est identifié comme un robot (par exemple, Googlebot), le serveur lui présente une version différente de la page web habituellement présentée au visiteur humain.

Le cloaking est particulièrement surveillé par les moteurs de recherche comme Google, qui considèrent cette pratique comme une violation de leurs consignes, car elle peut tromper les utilisateurs et manipuler les résultats de recherche. Cette technique a été popularisée dans les années 2000 et peut entraîner de lourdes sanctions pour les sites qui en font usage, allant jusqu'à la désindexation complète.

Utilisations du cloaking

Améliorer le classement dans les moteurs de recherche

L'objectif principal du cloaking est souvent d'obtenir un meilleur positionnement dans les résultats des moteurs de recherche. En affichant un contenu optimisé pour les robots, les sites espèrent se classer plus haut pour des mots-clés spécifiques.

Personnaliser l'expérience utilisateur

Adapter une page à la localisation ou à la langue du visiteur n'est pas du cloaking tant que Googlebot reçoit le même traitement qu'un internaute venant du même endroit. La frontière est franchie dès que le robot est reconnu en tant que robot et servi différemment. 

Protéger le contenu

Dans certains cas, cette technique de camouflage est utilisée pour protéger des éléments de contenu des concurrents ou d'autres parties, en ne les rendant visibles qu'à certains visiteurs.

Pourquoi cela peut nuire à votre réputation en ligne ?

Sanctions publiques : Si un site de grande envergure est sanctionné, comme dans le cas de BMW.de, cela peut devenir une nouvelle largement diffusée, nuisant ainsi à la réputation de la marque.

Perte de confiance : Les utilisateurs qui découvrent que vous utilisez des techniques trompeuses peuvent perdre confiance dans votre marque ou votre contenu.

Impact sur le trafic : Une suppression de l'index d'un moteur de recherche ou une baisse significative du classement peut entraîner une baisse drastique du trafic, ce qui peut avoir des conséquences économiques pour les entreprises.

Pourquoi est-il important de comprendre ce concept en SEO ?

  1. En tant que propriétaire de site ou professionnel du SEO, il est essentiel de connaître les techniques acceptables et celles qui sont pénalisées. Le cloaking fait partie de cette dernière catégorie : il est considéré par les moteurs de recherche comme une pratique “Black Hat”.
  2. En tant qu'utilisateur ou consommateur de contenu en ligne, comprendre le cloaking peut vous aider à identifier les sites qui ne jouent pas franc jeu et à privilégier ceux qui offrent une expérience authentique.

L’histoire du cloaking

Origines

Les origines du cloaking remontent aux années 1990, dans le spremiers jours des moteurs de recherche. À l'époque, le référencement était une discipline naissante, et les moteurs de recherche utilisaient des méthodes plus rudimentaires pour indexer et classer les sites.

Certaines entreprises ont rapidement compris qu'en montrant un contenu optimisé aux moteurs de recherche (rempli de mots-clés pertinents, par exemple) tout en présentant un contenu différent ou plus attrayant aux utilisateurs, elles pourraient gagner en visibilité dans les résultats de recherche.

Évolution

Avec le temps, les algorithmes des moteurs de recherche, tels que Google, sont devenus de plus en plus sophistiqués. Progressivement, l'utilisation de techniques trompeuses comme le cloaking a été déconseillé et même pénalisé : le cloaking va a l'encontre de l'objectif d'un moteur de recherche qui est de fournir aux utilisateurs les résultats les plus pertinents et fiables possible.

Malgré les sanctions potentielles, certaines entreprises et professionnels du SEO continuent d'utiliser le cloaking, cherchant constamment des moyens de tromper les moteurs de recherche. Cependant, avec les avancées technologiques et les mises à jour régulières des algorithmes, le cloaking est devenu une technique risquée et sévèrement sanctionnée.

 Existe-t-il un “bon cloaking” ?

Théoriquement, non : le cloaking est proscrit par Google. Cependant, avec les nouveaux défis posés par la navigation mobile, les méga menus et la navigation à facettes, les sites ont dû chercher un équilibre entre SEO et expérience utilisateur (UX). Ainsi, certaines méthodes ont émergé et sont aujourd'hui tolérées par Google, tant qu'elles servent à optimiser l'UX.

La plus courante est le ciblage géographique : elle identifie d'où vient un visiteur et lui montre la page correspondant à sa ville. Les robots, eux, sont dirigés vers une page standard, car ils ne sont liés à aucun lieu précis. Ce ciblage permet également d’afficher à l’utilisateur une page traduite dans la bonne langue en fonction de son pays d’origine.

L'obfuscation de lien est aussi une méthode courante, notamment sur les gros sites de e-commerce. Elle "masque" des liens internes aux robots pour mieux gérer le budget crawl. C'est utile pour les sites ayant une navigation à facettes, qui peut créer de nombreuses pages superflues pour le SEO. En cachant ces liens, le robot d’indexation se concentre sur les pages essentielles, tout en offrant aux utilisateurs des options de filtrage.

Quoi qu’il en soit, même si vos motivations sont louables, il est nécessaire de pratiquer le cloaking avec précaution car c’est un sujet sensible pour les moteurs de recherche. Pour optimiser votre positionnement sur la SERP, il est recommandé de se concentrer sur des tactiques White Hat qui privilégient l’expérience utilisateur.

Les différents types de cloaking

Le cloaking à partir du user agent

Cette méthode consiste à détecter le "user agent" du visiteur (généralement un navigateur ou un robot d'exploration de moteur de recherche) et à afficher un contenu différent selon le user agent détecté.

Elle est souvent utilisée pour cibler spécifiquement les robots des moteurs de recherche avec du contenu optimisé pour le SEO. C’est une pratique qui est très bien détectée par les algorithmes des moteurs de recherche et donc risquée. 

Le cloaking basé sur l’adresse IP

Le contenu est délivré en fonction de l'adresse IP (ou “l’IP Delivery”) du visiteur. Cette pratique est relativement similaire à celle du user agent. Les adresses IP des robots de moteurs de recherche sont souvent connues et peuvent être ciblées spécifiquement pour délivrer un autre contenu à l’utilisateur humain. 

Le cloaking via JavaScript

Cette méthode reposait sur la difficulté historique des robots à interpréter le contenu généré par JavaScript (et, en son temps, Flash) : le contenu visible des utilisateurs différait de celui accessible aux robots. Googlebot rend aujourd'hui le JavaScript comme un navigateur, ce qui rend la technique inefficace et détectable ; il reste vrai qu'un contenu injecté après un clic ou un défilement n'est pas vu par le robot.

Ce cloaking est principalement utilisé lorsque les créateurs de sites souhaitent afficher du contenu riche et interactif pour les utilisateurs tout en présentant un contenu simplifié et optimisé pour les robots.

Le cloaking avec du texte invisible

C’est une technique ancienne qui consiste à masquer du texte (souvent surchargé de mots-clés) en le mettant de la même couleur que l'arrière-plan de la page, le rendant ainsi invisible pour les utilisateurs mais lisible par les robots.

Elle a été très utilisée pour surcharger une page avec des mots-clés afin d'améliorer le classement sans altérer l'expérience visuelle de l'utilisateur. Cependant, les moteurs de recherche ont depuis longtemps identifié cette tactique et la pénalisent systématiquement.

Le cloaking via le HTTP_Referer et l’HTTP Accept-language

Cette méthode détecte d'où vient un utilisateur (par le biais du referer) et identifie sa langue préférée (via l'entête Accept-language) et affiche en conséquent un contenu adapté.

Elle peut être utilisée pour proposer un contenu spécifique à une audience ou à une région géographique, mais si elle est utilisée pour tromper les moteurs de recherche, elle peut être considérée comme une forme de cloaking Black Hat.

Les risques associés au cloaking

Le cloaking, bien que tentant pour certains en raison de ses avantages potentiels, présente des risques significatifs qu'il faut prendre en considération.

Un service de signalement pour les webmasters

Les moteurs de recherche, dont Google, offrent un moyen pour les webmasters et les utilisateurs de signaler des sites qui utilisent des techniques contraires à leurs directives, y compris le cloaking. Cela signifie que même si un site semble bénéficier temporairement du cloaking, tout concurrent ou utilisateur mécontent peut le signaler, augmentant ainsi les risques que le site soit examiné et potentiellement sanctionné.

Les sanctions possibles de la part des moteurs de recherche

Un des exemples les plus célèbres des conséquences du cloaking est le cas de BMW.de en 2006. Google a découvert que le site allemand de BMW utilisait une technique de cloaking pour tromper ses robots d'indexation. En conséquence, Google a supprimé BMW.de de son index, ce qui signifie que le site n'apparaissait plus dans les résultats de recherche de Google. Ce n'est qu'après que BMW.de a corrigé le problème et demandé une réexamination de son site que Google a levé la sanction.

Signes révélateurs du cloaking

Différences de contenu : Si, lors de la navigation sur un site, vous remarquez un contenu différent selon que vous utilisez un navigateur standard ou des outils simulant un robot, cela peut être un signe de cloaking.

Changements fréquents de contenu : Si le contenu d'une page semble changer fréquemment sans raison apparente, surtout si ces changements semblent optimisés pour des mots-clés spécifiques, cela peut être un indicateur.

Différences dans le code source : Une analyse du code source de la page peut révéler des segments de texte ou des liens cachés qui ne sont pas visibles pour l'utilisateur, mais qui le sont pour les moteurs de recherche.

Présence de scripts suspects : Si le code source contient des scripts qui semblent détecter le type d'utilisateur (par exemple, un robot par rapport à un humain) ou l'adresse IP, cela peut être un signe de cloaking.

On parle aussi de cloaking ici :

- Goossips : Commentaires, Cloaking et Affiliation, Quality Raters (2022)

- Le Black Hat a-t-il gagné la partie ? (replay vidéo du webinar SERanking) (2022)

- Total victime d’un piratage au snippet ? (2022)

- Un Cloaking White Hat est-il possible ? (2018)

FAQ

Le cloaking est-il toujours interdit par Google ?

Oui. Il figure dans les règles anti-spam de Google : servir aux robots un contenu ou une URL différents de ceux servis aux internautes. Les systèmes automatiques peuvent déclasser le site, et une action manuelle peut aller jusqu'à la désindexation.

Personnaliser une page selon le pays ou la langue, est-ce du cloaking ?

Non, à condition de traiter Googlebot comme n'importe quel visiteur venant du même lieu, avec la même langue. Le cloaking commence quand le robot est identifié comme tel et reçoit une version qui lui est réservée.

Un paywall ou un contenu réservé aux abonnés est-il du cloaking ?

Non, si le contenu masqué est déclaré avec les données structurées isAccessibleForFree et le balisage de paywall recommandé par Google. Sans ce balisage, montrer l'article complet au robot et un extrait aux internautes peut être assimilé à du cloaking.

Comment détecter un cloaking sur un site ?

En comparant la page vue dans un navigateur avec celle renvoyée à Googlebot : l'outil d'inspection d'URL de la Search Console (test en direct) montre le HTML et la capture d'écran tels que Google les reçoit. Un crawler configuré avec le user-agent de Googlebot permet la même comparaison à l'échelle du site.

L'obfuscation de liens est-elle du cloaking ?

Elle masque des liens aux robots sans changer le contenu visible, ce que Google tolère tant que l'intention n'est pas de tromper. C'est une zone grise : elle se pratique avec mesure, sur des liens de navigation à facettes, jamais sur du contenu.

En résumé

  • Cloaking : servir aux robots un contenu différent de celui des internautes, détectés par user-agent ou IP.
  • Règle anti-spam Google : déclassement automatique ou désindexation, comme BMW.de en 2006.
  • Personnalisation légitime (pays, langue, paywall balisé) : autorisée si le robot est traité comme un visiteur ordinaire.
  • Formes : user-agent, IP delivery, JavaScript, texte invisible, referer.
  • Détection : comparer le rendu navigateur et le rendu Googlebot (inspection d'URL, crawler).

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Cloaking

Publié le Mis à jour le

Victor Lerat

Victor Lerat

Directeur & Consultant SEO chez Abondance

Consultant SEO, Victor Lerat dirige Abondance depuis sa reprise par le groupe KHUMBU en 2023. Co-fondateur de l'agence KHOSI à Nantes, il accompagne marques et e-commerçants sur leur visibilité dans les moteurs de recherche et les moteurs de réponse IA, avec une appétence particulière pour la donnée : logs serveur, crawl et analytics.

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